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Blog inclassable: seront traités ici les sujets ayant attrait à mes centres d'intérêt ou à ce que j'estime digne de commentaire. En clair: culture et société.

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Graffiti go home

J'adore les tags dans la rue, sur les immeubles, les couloirs de métro... L'ennui c'est qu'ils envahissent les intérieurs de galeries, de musées et de maisons. Alors je suis mal placée pour dire ça, parce que j'ai demandé à mon frangin d'en faire un dans ma chambre, que je trouve extra, dans mon coin atelier, mais...

En fait, ce qui m'ennuie, c'est de lire toujours les mêmes choses dans les articles: "art de rue des années 80". (Si, si, on pense forcemment ça. Même si on SAIT.) Alors là, non. Le graff ne se résume pas aux années 80. On continue de voir fleurir des taggeurs qui utilisent une graphie bien différente des formes connotées 80's. D'autres qui varient les plaisirs comme le gars du pochoir "je t'aime" sur les trottoirs, la petite tête en mosaïque (space-invaders) qui ressemble un peu aux trucs à bouffer dans Pac-man, les petites phrases de Miss.Tic et ses pochoirs aussi, ou encore John Hamon, ex étudiant des beaux art, qui a affiché son portrait partout dans el VIe d'abord, puis partout dans paris, et même en province! Voir à ce sujet un blog extra et assez exhaustif de ce que l'on peut trouver dans paris. Les formes d'expression visuelles "de rue" continuent de se développer et de varier. Et cela inclue le graff. Donc pourquoi le cantonner au déjà-vu?

Ensuite, le principe de base c'est quand même que c'est censé être un art éphémère... Evidemment, plus le tag reste longtemps, plus l'auteur est content, ainsi que ceux qui l'admirent, mais ça avait un coté subversif à la base, que l'on perd totalement en le présentant dans des galeries et des musées.

Enfin, ca me gène aussi que l'extérieur rentre: que la rue s'intègre au foyer. Je pense par exemple au bar "Le Pantalon", rue Royer Collard dans le Ve, qui a été décoré en "rue", par des élèves des Beaux-Arts. Ou encore, cette expo de Nasty, qui a reproduit une station de métro dans une galerie. Trop, c'est too much. J'ai bien ramené un panneau de circulation de Bruxelles pour en faire une table d'appoint dans le salon, et j'ai bien des feux piétons (vous savez, le rouge qui dit qu'il faut s'arrêter et le vert qui mime un mec qui marche!) chez moi pour la déco, mais c'est tout! Ce sont des éléments "clin d'oeil", pour casser le côté "intérieur bourgeois" (se rapprocher de la rue, de la vraie vie, sortir de son milieu) mais aussi exprimer un petit coté "rebelle" (les feux, je vous dirai pas comment je les ai eus, et le panneau, je l'ai volé!).

Trop d'expression tue le sens.


Crédit photo: John Hamon
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