Blog inclassable: seront traités ici les sujets ayant attrait à mes centres d'intérêt ou à ce que j'estime digne de commentaire. En clair: culture et société.
Cela m'a fait grand plaisir de constater grâce à la lecture de l'article d'Ivan Levaï: "Plaisir du texte contre presse en crise", paru dans le Monde daté du 28 février, que je n'étais pas la seule à apprécier la masturbation intellectuelle décrite récemment par un de mes amis pour un texte rédigé par des chercheurs, que j'ai pris plaisir à lire.
Est qualifiée de masturbation cérébrale tout texte comportant des adverbes, toute phrase n'allant pas au plus court, toute formulation dans laquelle la sonorité peut passer avant l'efficacité.
L'acte est dominé par le sens. On ne veut pas se laisser prendre dans le style de l'auteur, on veut l'info brute. Culture zapping, culture texto, culture "je-fais-mon-media-moi-même-en-surfant-sur-divers-portails". Je n'y tiens pas! J'aime me laisser aller à rentrer dans l'univers d'un auteur, c'est cela qui donne sa saveur, son sel, à l'info brute que l'on retrouve dans tous les journaux, à peine reformulée. C'est un peu comme oser faire confiance. Je n'y tiens pas non plus quand j'écris. Dans la langue française il n'y a pas que les mots courts qui comptent, et une chose peut certes être décrite en une seule phrase, mais la compléter de descriptions, d'exemples, de reformulations peut aider à préciser la pensée, l'enrichir.
La masturbation intellectuelle n'est donc pas un plaisir solitaire, puisque l'auteur fait durer le plaisir du processus d'écriture, et que le lecteur peut jouir longtemps de sa lecture.
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